Retrouver sa souveraineté professionnelle

Comment retrouver confiance et sécurité intérieure lors d’un retour à l’activité ?

Reprendre une activité professionnelle après une interruption — qu’elle ait été choisie ou subie — ne consiste pas simplement à retrouver un emploi, un rythme ou une place dans une organisation. C’est parfois devoir réapprendre à se faire confiance.

Lors d’un accompagnement en bilan de compétences, je vois régulièrement ce blocage s’installer : des personnes expérimentées, reconnues et compétentes découvrent avec étonnement qu’elles ne se sentent plus tout à fait capables d’accomplir ce qu’elles réalisaient auparavant avec une grande aisance. Après un épuisement professionnel, un arrêt prolongé, une période de chômage, une maladie ou une transition de vie, le doute s’infiltre.

Quand le doute prend la place de l’expérience

« Vais-je encore être à la hauteur ? »« Et si je n’y arrivais plus ? »« Comment vais-je retrouver ma place ? »

Ces interrogations apparaissent légitimement. L’absence de pratique, les expériences douloureuses ou la perte de repères viennent fragiliser notre sentiment de légitimité.

Progressivement, un glissement s’opère : nous ne nous demandons plus seulement si nous saurons accomplir une tâche, mais si nous sommes encore capables de l’accomplir.

Or, douter de sa capacité ne signifie pas avoir perdu cette capacité. Cette distinction est fondamentale.

Ce que nous apprend le sentiment d’efficacité personnelle

En 1977, le psychologue Albert Bandura a développé le concept de sentiment d’efficacité personnelle. Il désigne la croyance qu’une personne entretient quant à sa capacité à organiser et réaliser les actions nécessaires pour atteindre un objectif.

Cette croyance influence directement :

  • La manière dont nous abordons les difficultés,
  • Les efforts que nous acceptons de fournir,
  • Notre persévérance face aux obstacles.

Deux personnes possédant des compétences comparables peuvent ainsi agir très différemment selon la confiance qu’elles accordent à leur capacité de les mobiliser. L’une osera essayer, tandis que l’autre hésitera ou renoncera avant même d’avoir commencé.

Cela nous enseigne une vérité essentielle : nous pouvons posséder des compétences réelles sans nous sentir capables de les utiliser. Mais ce sentiment n’est pas figé : il peut évoluer.

Et si la confiance venait aussi après l’action ?

Nous attendons souvent de « nous sentir prêts » ou de « retrouver confiance » pour oser reprendre une activité. Pourtant, les travaux de Bandura démontrent que les expériences de réussite constituent la source majeure du sentiment d’efficacité personnelle.

Autrement dit, la confiance se construit à travers l’expérience, et pas uniquement avant elle.

Il ne s’agit pas de se précipiter ni de se confronter brutalement à ses peurs, mais de créer des conditions sécurisantes pour renouer progressivement avec sa capacité d’agir. Une petite réussite ne résout pas tout, mais elle commence à transformer le regard que nous portons sur nos possibilités.

Distinguer les faits de nos interprétations

Dans mes accompagnements, j’invite souvent à différencier ce que l’on sait de ce que l’on imagine.

Lorsqu’une personne me confie : « Je ne suis plus capable de travailler comme avant », nous examinons ensemble cette affirmation. Est-ce un fait établi ou une inquiétude tirée d’une expérience douloureuse ?

« Ne plus pouvoir faire comme avant ne signifie pas nécessairement ne plus pouvoir faire. »

Cette nuance ouvre un espace précieux : celui de l’adaptation. Retrouver sa souveraineté professionnelle ne consiste pas à redevenir exactement la personne que l’on était, mais à apprendre à exercer autrement ses compétences, à respecter ses nouveaux besoins et à choisir un cadre plus juste.

Une progression en 3 temps : Je sais, J’expérimente, Je me sens

Pour accompagner cette remise en mouvement, je propose de s’appuyer sur trois repères complémentaires :

  1. 1. Je sais : Qu’est-ce qui demeure dans mon parcours ?Identifier ses connaissances, ses compétences et ses réussites permet de retrouver des repères factuels. Une période d’interruption n’efface pas les acquis d’une vie professionnelle.
  2. 2. J’expérimente : Qu’est-ce que je peux essayer aujourd’hui ?Il s’agit de poser une démarche, de tester une activité ou de mobiliser une compétence dans un cadre sécurisant. L’objectif n’est pas de prouver sa valeur, mais de recueillir de nouvelles expériences.
  3. 3. Je me sens : Qu’est-ce que cette expérience m’apprend sur moi ?Après l’action vient l’observation : Qu’ai-je réussi ? Qu’est-ce qui m’a demandé un effort ? De quoi aurais-je besoin pour poursuivre ? C’est ainsi que l’expérience se transforme en apprentissage et que l’on recommence à s’appuyer sur ce que l’on a réellement vécu plutôt que sur ses appréhensions.

Quelle place pour la sophrologie dans cette reconquête ?

Parce que le doute, la peur du retour ou l’imposture ne se nichent pas seulement dans la tête mais s’impriment aussi dans le corps, la sophrologie constitue un soutien précieux.

À travers des exercices de respiration, de détente musculaire et de visualisation positive, elle permet de :

  • Mieux comprendre et accueillir ses réactions physiques et émotionnelles,
  • Réguler le stress et apaiser les tensions,
  • Renforcer le sentiment de sécurité intérieure, indispensable pour oser à nouveau.

L’objectif n’est pas de supprimer magiquement les difficultés, mais de développer votre capacité à y faire face avec davantage de confiance et d’autonomie.

Retrouver sa souveraineté, ce n’est pas tout maîtriser

Nous associons souvent la souveraineté à l’idée de contrôle. Pourtant, personne ne maîtrise totalement son environnement ou les décisions d’une organisation.

Retrouver sa souveraineté, c’est apprendre à distinguer ce qui dépend de soi, ce qui peut être négocié et ce qui nécessite un soutien extérieur. C’est pouvoir affirmer avec clarté :

  • « Voici ce que je sais faire. »
  • « Voici ce que je peux essayer. »
  • « Voici ce dont j’ai besoin. »
  • « Voici les limites que je souhaite respecter. »

Et si vous n’aviez pas à redevenir comme avant ?

Reprendre une activité après une période difficile n’est pas un retour en arrière. C’est l’opportunité de réinterroger sa relation au travail, sa définition de la performance et ses véritables priorités.

Vous n’avez peut-être pas à retrouver exactement la personne que vous étiez.Peut-être êtes-vous simplement en train de revenir.

Vous préparez votre retour à l’activité ou traversez une période de transition ? Je vous accueille en accompagnement individuel à Évreux ou à distance. Ensemble, à votre rythme, nous travaillons sur la confiance en soi, la sécurité intérieure et la remise en mouvement pour construire la suite qui vous ressemble. 

Référence : Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a Unifying Theory of Behavioral Change. Psychological Review, 84(2), 191–215.


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